Octobre 1918. Giorgio Volli, de retour de la guerre, les poumons abîmés par les gaz asphyxiants, part à la recherche des douze orphelins dont il s'occupait avant sa mobilisation. Ses recherches le mènent à Chanteloup, village de montagne isolé, où seules demeurent les femmes, en l'absence de leurs maris et fils partis à la guerre. Il apprend alors avec stupeur et désespoir que les enfants, qui occupaient l'orphelinat Degrâce à l'écart du village, sont morts mystérieusement. Le bruit court que Catherine Degrâce, la fille du directeur de l'orphelinat, les a noyés dans les marais de la forêt avoisinante. Catherine, jeune fille fragile et étrange, proche de l'autisme, semble n'avoir pas quitté l'enfance, et prisonnière d'un singulier univers... Elle a perdu sa mère, agonisante au moment de l'arrivée de Giorgio, et qui succombera quelques heures plus tard à sa tentative de suicide, par pendaison. Quant à son père, le docteur Degrâce, il semble étrangement absent. La jeune Catherine demeure seule à l'orphelinat avec Marie, la bonne dévouée. A Giorgio, elle affirmera que les loups lors d'une promenade en forêt ont poursuivi les enfants, qui s'enfuirent et se noyèrent. Bientôt, un étrange lien naît entre eux, sans que jamais rien ne soit dit...
Giorgio se lie alors d'amitié avec l'abbé Glaise, qui lui apprend que le docteur DeGrâce, devenu fou depuis la mort des enfants, serait enfermé à l'hôpital psychiatrique Sainte-Lucie. Mais il lui affirme alors aussi que les loups ont depuis longtemps disparu de la région... Au village, les femmes haineuses découvrent le suicide de la mère de Catherine, et refusent son enterrement chrétien. Catherine, de colère et de douleur, éteint alors tous les cierges de l'église, chacun représentant aux yeux des femmes la vie d'un mari ou d'un fils à la guerre. Seul un cierge échappe à son geste, un geste qui rend les villageoises folles de rage et de peur. Giorgio, lui, en quête de la vérité sur la mort des enfants, recherche le docteur DeGrâce. Mais à l'hôpital Sainte-Lucie, il ne découvre, avec horreur, que les traitements insoutenables infligés aux malades, sans pour autant trouver trace du docteur. C'est en traversant la forêt, dans une tempête de neige, qu'il le découvre, étrange vieux petit bonhomme, vivant seul depuis sa fuite de l'hôpital, dans une douce folie. DeGrâce lui donne alors les dessins, soigneusement conservés depuis des années, que réalisaient les enfants. Sur chaque feuille, le même animal, reconnaissable sous les traits de crayons enfantins : des loups...
Le retour à l'orphelinat du docteur demeure caché au reste du village, et le docteur ne peut conter à Giorgio que sa découverte des petits corps noyés, qu'il repêcha un à un... Tandis qu'au village, le bruit court que la guerre est finie et que les hommes seront bientôt de retour. Une fête s'organise alors à l'auberge, à laquelle Catherine et Giorgio sont conviés, en signe de réconciliation. Durant la soirée, alors que l'ambiance bat son plein, Giorgio rend visite à l'abbé, qui terrassé et horrifié lui apprend que tous les hommes seront en effet bientôt de retour... dans un cercueil. La guerre n'a en effet épargné qu'un seul des villageois. Il lui révèle ne pas avoir eu le courage d'avouer la vérité aux femmes, et ordonne à Giorgio de fuir avec Catherine, avant que tout ne se sache... Durant cette entrevue, Giorgio ne voit pas Catherine qui subit la vengeance des femmes qui n'ont pas pardonné, et la saoulent de vin jusqu'à la faire pleurer. Il décide alors de partir immédiatement avec elle, à Paris. Lors de la traversée de la forêt, Catherine, persuadée que Giorgio veut l'emmener à Sainte-Lucie, s'enfuit dans les marais gelés. Giorgio parvient à la rattraper avant que ne cède la glace, qui l'eut entraînée vers une mort certaine. Il lui affirme désespérément son amour, et elle semble alors sur le point de s'abandonner... mais prise d'une subite terreur, elle s'enfuit, le laissant perdu dans cette forêt qu'il ne connaît pas... Il est découvert au petit matin, presque mort, par des gamins, et ramené au village. A son réveil, il apprend que Catherine a été menée à Sainte-Lucie, où elle est enfermée. Se souvenant avec horreur des soins que l'on y prodigue aux "fous", il s'y rend, et la découvre subissant les traitements dans la souffrance et l'incompréhension. Les médecins, persuadés d'avoir à faire à une autre "fou", tentent de le neutraliser, mais Giorgio, n'ayant plus rien à perdre, les menace violemment d'un revolver avant de s'enfuir, emportant Catherine. Il se rend à l'orphelinat, où il retrouve Marie, seule dans la maison. Une maison dévastée par les femmes du village, ultime marque de leur vengeance avant leur départ, abandonnant le village où plus aucun lien ne les retenait. Marie apprend à Giorgio cette désertion de village, où ne demeure désormais plus que l'abbé Glaise, et la fuite du docteur DeGrâce, dans la forêt. Catherine monte alors à l'étage, et un bruit sourd se fait entendre. Marie tente de retenir Giorgio, qui affolé monte
pourtant pour découvrir Catherine, pendue... Désespéré, alors que Marie s'enfuit en pleurant dans la tempête qui fait rage, il tente de la réanimer. Et soudain, un souffle... Catherine est vivante!...
Marie quittera à son tour le village en compagnie de l'abbé Glaise. Les jours suivants, restés seuls, les deux amants découvriront dans la forêt le cadavre du docteur DeGrâce, qu'ils enterreront, faisant ainsi le deuil de leurs souffrances... Mais sur cette tombe, Giorgio sent la maladie qui étouffe ses poumons depuis son retour de la guerre sur le point de l'emporter. Affirmant encore une fois son amour à Catherine, celle-ci sereine semble prête à le suivre dans ce dernier voyage, tandis que des hurlements se font entendre dans le lointain... Le vent, vraiment?... "Ecoute, ils sont de retour..."